ARCHEAN : un projet innovant au cœur des réflexions autour de l'archivage, l'exploitation scientifique et la publication numérique des données de fouille
Diane Rego  1, 2, *@  , Orderic-Vital Pain  2, *@  , Tiphaine Theroux  2, *@  
1 : Centre Michel de Boüard - Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales  -  Site web
Université de Caen Normandie, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR6273
2 : Maison de la recherche en sciences humaines
Université de Caen Normandie, Centre National de la Recherche Scientifique : UAR3486 / USR3486 / UMS843
* : Auteur correspondant

La question de la publication des données de fouilles est inhérente aux opérations de terrain et constitue le cœur du projet ARCHEAN. En abordant la structuration et la gestion des données primaires, notre équipe d'ingénieurs du Pôle Document Numérique de la MRSH de Caen et d'archéologues du CRAHAM a réfléchi à la diffusion des résultats mais aussi à l'explicitation de l'apparat critique.

Le hameau médiéval de Trainecourt (Grentheville – Calvados) a été choisi comme terrain d'expérimentation puisque, malgré une fouille exhaustive de 90 structures bâties des XIIIe-XVe siècles, effectuée entre 1987 et 1994, il n'a pas fait l'objet d'une publication monographique.

En nous appuyant sur les solutions offertes par les outils numériques et dans le respect des principes FAIR et des normes des Humanités Numériques, l'équipe ARCHEAN a créé des outils permettant d'accéder aux données primaires en ligne, de faciliter la ré-analyse des structures archéologiques et l'édition de synthèses.

D'abord, grâce à plusieurs phases de récolement et de redocumentarisation, la documentation analogique (plusieurs milliers de diapositives et de fiches terrain, une centaine de planches de dessin) a été traitée. Leur archivage et leur accès pérenne sont garantis grâce à leur numérisation, leur identification unique, leur annotation standardisée et leur encodage de bas niveau. Plusieurs types de documents attendent encore d'être considérés (carnets et cahiers de terrain, 750 levés de terrain, ...).

Ensuite, une base « mobilier », encodée en XML-EAD, associant données et métadonnées de chaque objet, a été créée. Ce catalogue rassemble les informations sur les caractéristiques de l'objet, le contexte de sa découverte sur le terrain, celles liées aux travaux post-fouille et les documents qui lui sont associés (photographie et dessin) pour chacun des 2654 objets en fer, alliage cuivreux, os, verre, pierre et ardoise.

Enfin, un outil d'édition en XML-TEI a été élaboré afin de produire des documents sur la ré-analyse des vestiges bâtis : description des unités spatiales et de leurs composantes (habitat, cour, bâtiment d'exploitation et pièces) ; puis, détail de chaque fait, défini comme le plus petit élément archéologiquement observable pour cette fouille avec un enregistrement interprétatif. Cette base est complétée lors de l'analyse des rapports de fouille, alimentée par l'examen des diapositives et des carnets dont nous disposons et permet la rédaction de synthèses explicatives.

Les structures archéologiques et le mobilier sont géolocalisés sur un SIG utilisant QGIS.

Dans un deuxième temps, l'équipe du Pôle Document Numérique, avec le laboratoire CERTIC (Université de Caen) a développé un moteur d'affichage, MaX, qui permet d'exposer via un portail les données en TEI, en EAD et en GML. Cette innovation technique permet de consulter :

- l'inventaire du mobilier affichable par matériau, domaine d'usage ou catégorie fonctionnelle, qui donne accès à chaque fiche objet ;

- les synthèses sur les vestiges bâtis avec des photographies sélectionnées et retouchées, contenant des liens hypertextes renvoyant aux faits ou au plan ;

- les documents primaires archivées (diapositives et fiches-terrain) ;

- le plan du hameau, dynamique, zoomable et cliquable, sur lequel les données sont projetées de manière chronologique. 


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